Communion, mission et participation

Deux disciples qui veulent des trônes à gauche et à droite de Jésus, et dix autres qui s’indignent — parce qu’ils pensent : « et pourquoi pas moi ? » ; ou plus subtilement parce que, faisant mine de ne rien vouloir, ils se sont déjà fait leur petit trône à eux… Le Christ démasque les logiques de puissance et d’amertume en nos cœurs, il rompt avec elles : « les grands font sentir leur pouvoir… parmi vous, il ne doit pas en être ainsi ».

Alors que la hiérarchie ecclésiale s’est montrée défaillante dans le traitement des abus, le Pape François appelle providentiellement l’Église à s’inscrire dans cette primauté du service et du don dans les décisions ecclésiales : le Synode ouvert dimanche dernier à Rome aura une dimension locale dans tous les diocèses du monde. Il vise à réfléchir ensemble à la « synodalité » de toute l’Église.

Pour nous aider à comprendre ce mot, le Pape nous donne trois clefs : communion, mission et participation. La communion, c’est l’essence même de l’Église appelée à rassembler en un seul peuple une diversité de nations et de cultures. La mission, c’est son appel permanent en vue de cette unité de tous avec tous, dans la joie de se savoir aimés et sauvés par le Ressuscité. Mais François rappelle que sans « participation », les deux premiers mots risquent de rester abstraits : « ce n’est pas une exigence de style, mais de foi : la participation est une exigence de la foi baptismale. Comme l’affirme l’apôtre Paul : “C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous avons été baptisés pour former un seul corps (1Co 12,13). Voilà bien la seule origine dans le corps ecclésial : le baptême. C’est de lui, notre source de vie, que découle l’égale dignité des enfants de Dieu, dans la diversité des ministères et des charismes. C’est pourquoi tous sont appelés à participer à la vie de l’Église et à sa mission. »

Tous appelés ! Si manque l’esprit de communion, si manque la recherche d’être fidèles ensemble au Christ qui livre sa vie pour la vie du monde, nous sombrerons dans les batailles d’opinion. Si manque l’esprit de mission, nous pourrons bien redistribuer les pouvoirs, nous aurons trahi l’amour vivant qui jaillit du cœur du Jésus pour rejoindre toute personne en ce monde. Mais si manque la participation, si manque la conscience de chacun qu’il est essentiel à la construction, l’Église n’est plus elle-même. Prenons notre part ! — avec gravée au cœur la parole de Jésus : « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ».

 P. Maxime DEURBERGUE